Le résumé de textes, en pratique
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Exercice à renvoyer par mail :
Suite à la lecture du cours, vous établirez un plan très détaillé du texte de Pierre DEBRAY, sans rédiger le résumé, mais en rendant de façon minutieuse la structure du texte. 





I/ La méthode

On n'apprend pas à faire un résumé comme on apprend la dactylographie ou des conjugaisons de verbes irréguliers, il faut même vous défier beaucoup ici des procédés trop mécaniques.

L'expérience prouve qu'il peut être fort nuisible de souligner dès la première lecture un certain nombre de mots jugés importants, d'entourer certaines phrases au crayon rouge de multiplier les indications de parties ou de liaisons, etc. Ces marques trop rapides risquent de vous gêner beaucoup plus que de vous aider.

- Si elles ont été panées à tort elles peuvent vous masquer à vos lectures suivantes données essentielles dont vous n'aviez pas encore reconnu la valeur.
- Si elles sont justes, elles vous lieront plus que vous ne le pensez au moment de la rédaction proprement dite et vous serez enclin à recopier des termes au lieu d'exprimer une pensée.

C'est pourquoi il vaut beaucoup mieux, lire d'abord deux ou trois fois le texte proposé avec beaucoup d'attention,

- et en le prononçant pour vous-même à voix basse si vous le .pouvez,
- mais sans souligner quoi que ce soit ni prendre aucune note.
- Ensuite, et après avoir retourné le texte pour ne pas être tenté de le regarder, réfléchissez et essayez une première fois de vous exprimer à vous-même son idée directrice son point de départ son enchaînement logique sa conclusion son intérêt, griffonnez cela sur votre brouillon si vous voulez mais plutôt pour vous aider dans votre el§ont que comme un premier jet de rédaction.
Peut-être ne relirez-vous même pas ces notes informes, mais ce travail de réflexion important vous aura facilité une nouvelle lecture du texte.
Cette fois, si vous voulez soulignez, non pas forcément les mots ou les groupes de mots essentiels que vous ne risquez plus d'oublier, mais des mots importants, quoique peut-être non aperçus tout de suite, les mots qui vous rappellent les idées à ne pas omettre. Ne soulignez pas de phrases ou de parties de phrases entières ; ici encore elles risquent de vous obséder pour la rédaction. Rappelez-vous qu'il est nettement déconseillé par la plupart des jurys de les employer telles quelles, même entre guillemets.
Vous ne pouvez le faire

- une ou deux fois par résumé selon la longueur,
- que si une phrase ou une expression vous paraît tellement caractéristique du texte et de l'auteur, tellement indispensable et irremplaçable, que vous décidez, en toute connaissance de cause, de la garder.

Dans ce cas, bien entendu, entourez-la et mettez-la entre guillemets immédiatement :
vous la retrouverez plus facilement lorsque vous en aurez besoin,
- Ensuite, posez-vous les questions suivantes, simples, on pourrait presque dire simplistes, mais fondamentales, toujours très éclairantes :

De quoi traite ce texte?
De quoi s'agit-il exactement?
Pourquoi a-t-il été écrit?
Qu'est-ce que l'auteur veut me faire comprendre?
Sur quoi insiste-t-il avant tout ?
Le titre (si un titre m'est donné) correspond-il bien à ce que j'ai compris ?
Est-ce que ce titre m'étonne lorsque je le retrouve en tête du texte après ma première lecture ?
Est-ce que c'est celui que j'aurais choisi ?...

S'il n'y a pas de titre, demandez-vous toujours quel est celui que vous auriez donné vous-même, cela aide à bien discerner et mettre en valeur l'essentiel. Mais ne mettez ce titre de vous que si on vous le demande car choisir un bon titre est quelquefois difficile, et une erreur sur ce point vous serait nettement reprochée.

- Bien sûr, si le texte à résume est long établissez son plan avec netteté (sur votre brouillon plutôt que sur le texte), séparez distinctement les grandes parties, et surtout notez avec soin la façon dont elles s'enchaînent... Cet enchaînement n'est pas forcément logique (ce sont parfois des sentiments, des exemples, des images qui assurent les liaisons), mais de toute façon il est pour vous capital.
Vous ne pouvez pas repenser véritablement le texte si vous ne repensez pas en même temps la façon dont il va son chemin,
- sa «coulée»,Si le texte à résumer est bref ou si vous en avez bien retenu tous les enchaînements, il n'est pas indispensable d'en établir le plan sur votre brouillon.
Commencez à rédiger tout de suite, car cette rédaction vous posera chaque fois des problèmes spéciaux pour lesquels il n'est pas possible en fait de donner des conseils d'ensemble qui soient réellement efficaces. La seule façon d'apprendre à bien faire des résumés, c'est d'en faire beaucoup et de les corriger très attentivement en confrontant dans le détail, toutes les fois qu'on le peut le texte auquel on a abouti soi-même avec celui qu'ont obtenu divers camarades.
On sera stupéfait de la différence souvent extrêmement sensible des solutions adoptées pour rendre compte des mêmes données, et les discussions qui surgiront alors entre élèves, ou bien, en classe, entre élèves et professeurs, pour mettre au point la version la plus exacte et la plus forte, seront toujours, pour peu qu'elles soient menées par petits groupes assez homogènes et ne se prolongent pas trop, extrêmement fructueuses. Comparer ce que chacun a compris aide toujours à mieux comprendre, mettre en face l'une de l'autre deux rédactions possibles incite toujours à mieux rédiger.



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